Sur LE BROUILLARD DANS LES PALMIERS  

Carlos Molinero et Lola Salvador

35 mm. 87 minutes. Espagne. 2005

 Le Brouillard dans les Palmiers est probablement le premier film quantique de l’histoire du cinéma : un documentaire expérimental qui a pour éléments la mémoire, l’histoire, la science et les images.

 

Le Brouillard dans les Palmiers est un film historique/scientifique/fictif. Trois concepts qui sont présents tout au long de d’oeuvre, liés comme les quarks, particules élémentaires qui ne peuvent pas être disjointes. Pour cette raison Le Brouillard dans les Palmiers est un film fondateur, un essai filmique d’une rigoureuse science-fiction, un film sur l’histoire de la science, sur l’Histoire comme Fiction, un film qui enquête sur l’utilité et la manipulation des images et, en conséquence, sur l’utilité et la manipulation de l’Histoire.

 

Le Brouillard dans les Palmiers est divisé en cinq fragments qui correspondent aux propriétés des quarks : Etrangeté, Charme, Beauté, Vérité et Couleur, auxquels s’ajoute l’épilogue du nom de Higgs, un physicien qui a annoncé la découverte à venir de la particule sous-atomique appelée “Particule Dieu”, le coeur et le poids de la matière.

 

Le Brouillard dans les Palmiers est aussi l’aventure du photographe asturien Santiago Bergson, depuis ses années de jeunesse comme étudiant en Physique en Allemagne dans les années 1920 jusqu’à sa collaboration au Projet Manhattan qui a débouché sur la création de la bombe atomique. Mais la narration va au-delà du passionnant récit biographique : il nous révèle le voyage intérieur de quelqu’un qui disparaît peu à peu et dont la voix nous laisse le témoignage, l’engagement, le testament vital.

 

En plus d’une enquête risquée, soigneusement manipulée qui est le résultat de deux ans de montage d’images, le film est rempli d’émotion parce que Le Brouillard dans les Palmiers est aussi une histoire d’amour, une histoire sur les photographies en tant que substituts de souvenirs et sur les souvenirs en tant que substituts de l’amour, un récit sur la guerre dévoreuse de souvenirs et sur la science, arme à double tranchant, dangereuse toujours et souvent utilisée de façon destructrice.

 

Il y a de la fiction et de la réalité dans ce film créé à partir d’un matériel d’archive. Les images sont incroyablement suggestives parce qu’elles sont le fruit d’une vaste recherche qui a puisé à plusieurs sources : de films domestiques des années 20 (Pathé Baby) à des photographies des années 1900, en passant par des images de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que du matériel filmique sur des découvertes de la physique moderne ou des documentaires des années 20 et 30 filmés dans les Asturies, à Cuba, aux Etats-Unis, en Allemagne et en France. Il ne nous reste plus qu’à visionner ces images sous différents angles, en les réordonnant, ouvrir les yeux et réfléchir aux limites de la réalité et de la fiction que suggère la métaphore filmique du Brouillard dans les Palmiers.

 

Nous vous invitons à réfléchir en compagnie de Bergson... 

A quoi sert une image si ce n’est pas pour sauver la vie d’un homme ?

 
 

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